2 décembre 2007, Lop Buri, Thaïlande
La préciosité du temps, de l'écriture... des centaines de photographies, figées ponctuation d'un moment, pris...
Partagé. Adoré.
Le temple des singes, la douceur de leurs petites mains aux ongles rongés. Leurs gestes "lents, aérés". La force de
l'émotion, rapide violence du contact puis calme. Retrouvé. Mon coeur est serré dans cette cage qui me sert de thorax.
C'est étrange et drôle, et tout, d'être libre. Difficile.
Sans parvenir à blamer les éléments déchainés, à lier ce qui ne l'est que par l'espace, le temps et la matière, oserais-je vous dire ce que nous fesions lorsque la minette des mariés mettait ses chatons au monde!? Nous festoyons, l'amour et la passion de deux êtres, celles qui les lient entre eux et nous, à l'un l'autre et au monde. Nous fesions pleurer une grand-tante par trop de paganisme et autour du couple en vibration de couleurs nous invoquions l'amour en pigments et branches sans age. J'ai regardé le ciel épouser l'arbre quand de l'autre côté, les "restes du monde" se liaient par un destin de ruine. Le sol que je n'ai su fouler, celui du sud Birman et celui étendu de la Chine ont essuyés les affres d'un battement d'ailes naissant. Une déflagration notoire étendue jusque dans les journaux et aux frontières de l'aide humanitaire. L'unité est plurielle et pourtant nous sommes liés en transmission sans fil.
Une force d'inertie légère et pourtant écrasante. Le poid "plume" d'un siamois sur mon ventre endormi reveille un rêve de massage felin. De quelques mises en abîme de la "tribue terre" fleurit en images vibrantes d'un cocon coloré, ma vie ici. Le hic, c'est ce sentiment pesant d'abandon au temps qui se défile sans défi. Je suis coupable d'innocence enfantine et responsable d'une sensation de vide intérieur. Si l'écriture se fait dans une vie ralentie, c'est là qu'elle pourrait fleurir en bouture et ramification à la racine de l'abscence. Si à Rosée j'ai manqué de dire d'arroser l'orchidée, elle a survécue et l'orchidée aussi. Alors..
"Pire qu'une âme asservie est une âme habituée"
merci à Charles Péguy et Estelle (smaphore.vox.com)
"Certains pensent qu'ils font un voyage, en fait, c'est le voyage qui vous fait ou vous défait."
[Nicolas Bouvier]
Extrait de L'usage du monde
Message : Commune présence
Tu es pressé d\'écrire,
Comme si tu étais en retard sur la vie.
S\'il en est ainsi fais cortège à tes sources.
Hâte-toi.
Hâte-toi de transmettre
Ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance.
Effectivement tu es en retard sur la vie,
La vie inexprimable,
La seule en fin de compte à laquelle tu acceptes de t\'unir,
Celle qui t\'est refusée chaque jour par les êtres et par les choses,
Dont tu obtiens péniblement de-ci de-là quelques fragments décharnés
Au bout de combats sans merci.
Hors d\'elle, tout n\'est qu\'agonie soumise, fin grossière.
Si tu rencontres la mort durant ton labeur,
Reçois-là comme la nuque en sueur trouve bon le mouchoir aride,
En t\'inclinant.
Si tu veux rire,
Offre ta soumission,
Jamais tes armes.
Tu as été créé pour des moments peu communs.
Modifie-toi, disparais sans regret
Au gré de la rigueur suave.
Quartier suivant quartier la liquidation du monde se poursuit
Sans interruption,
Sans égarement.
Essaime la poussière
Nul ne décèlera votre union.
René Char
ps: merci a Pelin et René : )
parfois les mots suffisent
simplement
parfois les actes parlent
et les emotions s'embalent
developpant les individus et les espoirs
rester la ou on est
partir
prendre soin de soi
puis rentrer a la maison
toujours
quelque part
j'étais la-bas aussi:) read more
on Guy Debord